Katarzyna Kot-Bach
Artiste plasticienne, sculptrice, membre du groupe artistique Sixthfloor
Katarzyna Kot-Bach est née en 1978 à Stobierna près de Rzeszów. La sculpture sur bois la fascinait depuis son enfance; à l'âge de neuf ans, elle crée ses premières formes. Elle commence sa formation dans le domaine de l'art ainsi que dans celui de la sculpture au Lycée des beaux-arts de Rzeszów. Pour sa sculpture de diplôme, elle reçoit le troisième prix et une médaille de bronze à la Biennale de Sculpture polonaise de Zakopane. Elle poursuit ses études à la Faculté de sculpture de l'Académie des beaux-arts de Cracovie, tout en étudiant la pédagogie de l'art. Là, en 2001, elle est sélectionnée par le doyen du département de sculpture pour participer au Symposium de sculpture à Lorentzweiler au Luxembourg, où elle remporte le premier prix pour son travail sur bois. Cela lui donne l’occasion de visiter le pays, qui devient assez rapidement sa deuxième patrie.
En 2002, elle reçoit une bourse pour étudier à l'École nationale supérieure des beaux-arts à Paris, où elle est admise dans l'atelier du célèbre professeur Giuseppe Penone. Un an plus tard, elle participe à nouveau au Symposium de Lorentzweiler, remportant cette fois le 2e prix. Diplômée en 2004, elle s'installe au Luxembourg puis, quelques années plus tard, elle acquiert la nationalité luxembourgeoise. Elle y retrouve le bonheur aussi dans sa vie personnelle. Elle fonde une famille et, tout en prenant soin de ses trois enfants, elle poursuit son travail intense et créatif, dont elle présente les œuvres lors de nombreuses expositions en Belgique et à l'étranger.
Depuis 17 ans, elle travaille au Grand-Duché en tant qu'artiste professionnelle indépendante. Cependant, elle n'hésite pas à collaborer avec d'autres artistes luxembourgeois. Son atelier est situé à Koerich, dans une ancienne scierie, qui est également le siège d'un groupe artistique local appelé Sixthfloor. Avec le temps, Katarzyna commence à mettre en œuvre ses visions créatives dans certaines domaines des beaux-arts autres que la sculpture : dans le langage de l'installation, le land-art, le dessin et le graphisme. Elle participe régulièrement à des expositions et des colloques internationaux, gagnant en renommée grâce à des installations et des réalisations monumentales en bronze et en bois.
Parmi les succès les plus spectaculaires des dernières années de travail créatif de Katarzyna, il convient de mentionner le choix d'une de ses sculptures pour figurer sur l’affiche pour l'exposition internationale « Goodwood » à l'Hermitage-Vyborg (une succursale de l’Ermitage de St. Petersburg) où elle expose ses œuvres. Parallèlement, en 2019, ses sculptures monumentales représentent le Luxembourg, qui est invité d'honneur du Salon de Révélations de la Biennale Internationale Métiers d'Art & Créations au Grand Palais à Paris. Elle est également choisie par Musel Link pour le « Art Fair » de Stockholm. Katarzyna présente ensuite son travail à Los Angeles à la Durden & Ray Gallery, puis au Centre Culturel « nëimenster » (CCRN) de la capitale luxembourgeoise ainsi que dans de nombreuses autres galeries à travers le Grand-Duché (comprenant: Beim Engel, Galerie CAW, Château de Bourglinster, Galerie Schlassgoart, H2O Oberkorn, Eco Centre, Ancien Cinéma etc.).
Avec le groupe Sixthfloor, elle présente régulièrement ses œuvres à l'Art Week lors de la Luxembourg International Art Fair dans la capitale, ainsi que lors de la Biennale d'Art Européenne Mains de Maîtres où ses œuvres sont exposées dans le bâtiment historique Arbed et au Lëtzebuerg City Museum. A l'invitation d'artistes de l'association Cueva d'Esch sur Alzette, elle réalise plusieurs œuvres in situ qui ont été remarquées par la presse luxembourgeoise. Au début 2020, Katarzyna présente ses sculptures sur la plateforme bruxelloise pour l'art contemporain, Eleven Steen, et bientôt ses œuvres seront exposées à Venise, où la Fondation Michelangelo (Michelangelo Foundation for Creativity and Craftsmanship) prépare une exposition extrêmement intéressante « Homo Faber ». Actuellement, l'artiste travaille sur une exposition pour 2022 dans l'une des galeries new-yorkaises, en réalisant en même temps le monument en bronze Sprangprëssessioun commandé par la commune d'Echternach, pour célébrer la « Procession dansante », l’événement considéré comme le patrimoine culturel immatériel du Luxembourg, inscrit en 2010 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.
Il convient d'ajouter que les œuvres de Katarzyna sont devenues un élément permanent du paysage du Grand-Duché car elles sont souvent exposées non seulement dans des galeries et des salons d'art, mais également placées en permanence dans les rues des villes luxembourgeoises et dans les forêts locales. Nous pouvons les admirer en passant, par exemple, par Lorentzweiler, où, à côté du bâtiment communal, se dresse le monument en bronze, Empreintes ; ou encore à Wasserbillig, où son Pêcheur (Fëscher) attrape du poisson sur le boulevard en bord de mer ; mais aussi à Mertert où l’on trouve le Vigneron (Wënzer) surveillant son vignoble. Ces monuments en bronze ont été commandés par les municipalités locales. En se promenant dans la forêt, nous pouvons découvrir ses reliefs en chêne placés dans la grotte de Feutelfiels ainsi que les œuvres Couleurs naturelles dans la galerie forestière de Stafelter.
Katarzyna se réalise également en tant que professeur, enseignant la sculpture sur bois à l'Académie d'eté des arts de Luxembourg (Summerakademie). Elle anime des cours pédagogiques dans le cadre du programme « Art en forêt », mais aussi avec des élèves du primaire dans le cadre du programme « Sentier didactique Mirador Steinfort » à Steinfort, sous le haut patronage de l’Administration de la nature et des forêts du Grand-Duché de Luxembourg. Lors des activités périscolaires du studio de création « Kids'Kart », elle anime des ateliers pour enfants ainsi que du dessin pour adolescents et adultes. Elle est également l'initiatrice et co-organisatrice de la 1ère Biennale Land-Art au Luxembourg à Kayl.
Dans le processus de création, Katarzyna atteint le cœur du matériau – son essence, combinant divers matériaux naturels, souvent selon leur symbolisme. Et comme le note un conservateur parisien, « elle sait extraire l’âme du bois ». Pour l'artiste, l'histoire de chaque morceau de bois est très importante, sinon cruciale, c'est pourquoi elle utilise non seulement des ressources locales, mais importe aussi souvent des matières premières directement de Pologne, combinant ainsi métaphoriquement ses propres racines avec celles nouvellement plantées en terre luxembourgeoise. Au cœur de ses œuvres se trouvent souvent des « fragments de mémoire » – des formes reconstituées faites de branches, de feuilles, d'écorce ou de fragments de sculptures antérieures figées dans la résine, presque suspendues dans le temps. C'est ainsi que Katarzyna conduit son discours ontologique sur le cycle de la vie, de la mort, de la mémoire et du temps. Les cercles dominent sa cosmologie personnelle. Le cercle symbolise le temps cyclique, les processus de la nature, le cosmos et les cycles de l'univers, la vie et la renaissance. C'est l'une des premières formes dessinées par l'homme qui, n'ayant ni début ni fin, en fait un symbole universel d'éternité, de perfection ou d'infini.
Katarzyna Kot-Bach, pour qui l'écologie est une priorité, utilise des matériaux naturels et recherche en particulier le bois d'arbres voués à la pourriture. Le bois, cassant ou pourri, se « stabilise », étant soumis à un long processus de recyclage, même pendant des années avant de se transformer en œuvre d'art et d'être exposé. Les matériaux naturels traités et recomposés ainsi prennent une nouvelle vie et un nouveau sens ... C’est pour cette approche et pour l’aspect écologique de ses recherches créatives que l'artiste a été primée à la Biennale « Reg'art sur le monde, l'actualité décryptée par les artistes » à Kayl.
En plus de travailler le bois, Katarzyna crée en bronze, moulant des formes originales et naturelles, questionnant la pérennité d'être dans un monde éphémère.
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Les critiques d'art expriment leur enthousiasme pour les œuvres de Katarzyna et inspirent les philosophes à créer de la poésie. En voici un exemple:
« Les sculptures de Katarzyna sont comme
des autoportraits saisis dans le miroir de la nature.
La forêt se reflète dans la mémoire de l’homme.
Elles sont fragiles l’une et l’autre.
Il suffit d’un automne pour les mettre en veille.
Il suffit d’un printemps pour les réveiller.
Ces sculptures offrent des instants d’éternité.
Chaque feuille y apparaît suspendue hors du temps,
offerte comme un fragment de mémoire
reposant dans son écrin de bois. »
(Alain Valet, philosophe)
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Traduit du polonais par Anna Gonzales